Que faire, en ce mois de février, par un dimanche après-midi froid et humide ? Lorsque vous habitez Tulle ou sa région, la réponse s'impose d'elle-même : rendre visite à Pierre Landry dans sa librairie Préférences. Vous trouverez toujours des trésors de livres, de chaleur et de bonne humeur autour d'un café ou d'un verre de vin. Je me retrouvai donc aujourd'hui chez Pierre, dans une librairie déserte, accueilli tout d'abord par le seul Atys de Jean-Baptiste Lully. Après cinq minutes passées à jeter quelques coups d’œil, à reprendre mes marques au milieu des tables et des étagères bien connues, le maître des lieux apparaît et me souhaite la bienvenue.

Rapidement, autour d'un café, nous évoquons ensemble mes lectures plus ou moins récentes, Warlock, évidemment, les Œuvres de Nicolas Bouvier, La fonction du balai et La fille aux cheveux étranges de David Foster Wallace et Les jardins statuaires de Jacques Abeille. Il me présente ensuite ses derniers arrivages et coups de cœur : Le fil et les traces de Carlo Ginzburg, chez Verdier, Crimes exemplaires de Max Aub, chez Phébus, le dernier roman d'Antonio Lobo Antunes, Mon nom est légion, chez Christian Bourgois et enfin La guerre sur les collines de Beppe Fenoglio à la Nrf. Fenoglio, né en 1922 dans le Piémont, entre dans la résistance anti-fasciste en 1943. Son destin est très proche de celui d'un autre grand auteur italien qui m'est cher, Mario Rigoni Stern, né en 1921 à Asiago dans le Piémont, qui connut la Seconde Guerre mondiale dans l'armée italienne engagée sur le front de l'est aux côtés des armées allemandes et qui se réfugia dans sa région natale à partir de 1943. Mort en 1963, Fenoglio est plusieurs fois évoqué par Rigoni Stern dans ses nombreux écrits sur la guerre. Un auteur auquel je m'intéresserai donc, sans aucun doute, dès que ce roman autobiographique sur ses propres années de guerre paraîtra au format poche.

Il va de soi que je ne repars pas les mains vides. Dans ma besace :

  • Entre parenthèses de Roberto Bolaño. Un recueil d'articles et de textes divers qui donnent un autre aperçu de grand auteur chilien ;
  • Les lances rouillées de l'espagnol Juan Benet. Un roman sur la guerre civile espagnole dans la Région fictive, équivalent du comté imaginaire de Yoknapatawpha créé par Faulkner. Je n'ai encore rien lu de Benet, il s'agit donc d'une double découverte dont je vous reparlerai sans doute.

C'est comme toujours avec regrets que je quitte cette caverne aux trésors et son bon génie.