• Moby Dick d'Herman Melville, un très grand livre à la hauteur de son mythe. Pour une première analyse, on pourra se reporter au chapitre correspondant sur Wikipédia;
  • le second volume de La littérature française, dynamique et histoire, consacré aux 18e, 19e et 20e siècles, une somme passionnante bien que les chapitres soient de qualité inégale : le meilleur est sans doute, dans le premier volume, celui consacré au Moyen-Âge par Jacqueline Cerquiglini-Toulet. Celui qui m'a touché le moins, parfois jusqu'à l'ennui, trop abstrait, trop factuel, trop froid et presque détaché de son sujet, est celui de Michel Delon consacré au 18e siècle. Mais l'ensemble reste indispensable pour qui se targue de connaître le sujet ;
  • Brefs entretiens avec des hommes hideux, de l'américain David Foster Wallace. Un recueil de nouvelles consacré pour l'essentiel aux relations entre les hommes et les femmes, thème traité sous des angles pour le moins variés et originaux et dans une recherche sur la forme dont je ne me rappelle pas avoir lu l'équivalent depuis ... depuis jamais, pour être honnête. Des textes aux accents proustiens pour certains, proches de certains chapitres de La vitesse des choses de Rodrigo Fresan pour d'autres qui lorgnent du côté de la science-fiction, une anticipation des pages de ce qui serait un dictionnaire dans quelques dizaines d'années pour le mot date, etc. Un livre étonnant, demandant parfois une bonne concentration, souvent aussi très drôle, à découvrir absolument ;
  • Des nouvelles des Indiens d'Amérique du Nord, qui complète chez Métailié l'excellente série de recueils consacrés au genre. Dans lequel on découvre de très beaux textes des auteurs indiens Gerald Vizenor, Stephen Graham Jones, Eric Gansworth, Frances Washburn et Diane Glancy. Textes souvent mélancoliques, parfois plus proches de la poésie comme dans celui qui aborde les thèmes de la guerre et de la paix par le biais des suites de l'explosion des bombes atomiques d'Hiroshima et Nagasaki et des traces qu'elles ont laissées chez les survivants : un texte exigeant mais magnifique. L'ensemble du recueil vaut le détour à la fois par la qualité des textes mais aussi parce qu'il permet de découvrir une littérature trop peu connue ;
  • La Zone du Dehors du français Alain Damasio qui signe un livre d'anticipation excellent, même si, par l'originalité de la langue et des thèmes abordés, il n'atteint pas le niveau du son Å“uvre majeure, La Horde du contrevent. Mais les réflexions sur la manière de lutter contre le totalitarisme démocratique, technologique et sécuritaire, en plus d'être parfaitement et tristement d'actualité dans la sarkozie ordinaire, offrent des perspectives pratiques pour le moins intéressantes, qui ne sont pas sans rappeler certaines pistes évoquées par le Comité invisible dans L'insurrection qui vient. Il s'agit presque, ici aussi, d'un petit manuel de résistance ordinaire... Avec, à côté des longs développements politiques, quelques passages d'anthologie plus classiques, comme la traversée du Cube ou l'attaque de la tour de télévision, qui rendent la lecture haletante. Olivier Noel en propose une critique approfondie et passionnante sur son blog du Transhumain. J'en profite pour signaler la très bonne analyse de Bruno Gaultier consacrée au style dans La Horde du contrevent.

Et 2009 sera décidément placé sous le signe de Stevenson puisque les vacances de Noël débutent en compagnie du Maître de Ballantræ et des Essais sur l'art de la fiction. Sur ce, bonne fin d'année à tous et que celle qui vient soit riche de nombeuses et belles lectures.