Lectures de printemps et d'été
mercredi 8 octobre 2008, par Emmanuel Caspard - Littérature -# 56 - Fil RSS
Je profite de quelques instants de répit en cette période de rentrée plus que chargée pour faire un rapide bilan des lectures du printemps et de l'été qui viennent de s'écouler. À tout seigneur tout honneur, Éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov ouvre le bal, que Pierre Landry (qui a changé d'adresse, il faudra que je vous en reparle) qualifie de plus beau livre du monde, rien que ça. Après lecture, on admet que c'est à peine exagéré.
Suivent les ruines-de-Rome (qui, au passage, sont des fleurs, le titre ne signifie donc pas que le roman se déroule à Rome...), du français Pierre Senges qui a fait paraître Fragments de Lichtenberg il y a peu : un roman qui se veut aussi spirituel que botanique et qui ne parvient finalement qu'à faire naître le plus profond ennui. Un beau ratage.
Edit 7 mars 2009 : curieux de savoir si j'étais le seul à être déçu, j'ai fait de petites recherches sur Internet. Tous les sites "officiels" ne sont que compliments et dithyrambes, assez convenus pour la plupart. Et, finalement, je tombe sur la critique de Grosse fatigue, dont j'appréciais fort les chroniques il n'y a pas si longtemps. Tout y est.
2666 de Roberto Bolaño. Un monument. Le monument de 2008, comme Les bienveillantes avait été celui de 2006, en attendant sans doute le Contre-jour de Pynchon tout juste traduit. De Bolaño toujours et excellent roman encore, Les détectives sauvages, dans lequel la zone frontière entre le Mexique et les Etats-Unis et la littérature sont, une fois de plus, les personnages principaux.
En parlant de Pynchon, je poursuis ma découverte de cet auteur génial avec Vineland et L'homme qui apprenait lentement. Ce dernier est un recueil de nouvelles, certaines que l'auteur lui-même qualifie « de jeunesse », d'autres plus tardives. La plupart développent des thèmes que l'on retrouvera dans les romans ultérieurs, en particulier dans V. On y trouve notamment une première version de l'épisode égyptien et de sa magnifique et bluffante scène inaugurale. Un ouvrage accessible pour aborder l'auteur, pour ceux qu'effraie l'affrontement direct avec le gros de l'oeuvre. Dont Mason & Dixon, en cours de lecture actuellement, que je décrirais volontiers, pour faire court, comme un mélange de Conrad, de Joyce et du Lewis Carroll d'Alice (ça donne envie, non ?).
Fin de la lecture de la fameuse Psychanalyse des contes de fées de Bruno Bettelheim. Ou pourquoi et comment lire des contes de fées aux enfants. La référence dans le genre, un traité passionnant et peut-être plus important encore aujourd'hui que lors de sa parution au milieu des années 60.
Platte River, de l'américain Rick Bass. Trois longues et puissantes nouvelles dans lesquelles la nature est omniprésente. Les personnages font songer à quelques divinités des rivières, des bois et des montagnes d'on ne sait quelle antique religion païenne que le rêve américain n'est pas parvenu à faire disparaître et qui resurgit ici. Des textes qui donnent envie d'explorer plus avant l'œuvre de Bass.
La suite bientôt (j'espère...).

Commentaires
#1 - Le jeudi 23 octobre 2008 à 19:06, par lamamy
#2 - Le jeudi 23 octobre 2008 à 22:01, par Manu
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